Les lettres du concours! voici la Lettre #3, écrite par Célia Cassagnaud

Les lettres du concours! voici la Lettre #3

Citation : « Alba, mon visage s’est empourpré maintenant, mes joues me brûlent et je ne suis plus qu’un incendie. »

Chaque mercredi je publie les lettres gagnantes du concours, par ordre décroissant.
Durant tout l’été donc, à raison d’une lettre par semaine, en finissant par le numéro 1,
Vous pourrez lire ces délicieuses lettres qui nous ont été envoyées par les
écrivain-e-s qui se sont confronté-e-s à l’exercice,
dans le cadre du concours de la lettre d’amour pour la sortie du roman La lettre froissée.

Je vous rappelle qu’il s’agissait d’écrire la lettre d’un amour qui semble impossible,
ou d’un amour qui jamais ne pourrait se révéler,
une lettre que vous n’oseriez jamais envoyer…

En les lisant, vous allez être comme nous, j’en suis sûre, sous le charme.

Voilà donc la lettre  tourbillonnante et rythmée, jusqu’à sa chute inattendue, en un seul mot, à la signature,
envoyée à la tendre Alba, de la part de R.

« R. Gonzalez,
2 rue du Coq d’Inde,
Toulouse.

Toulouse, le 28 mai 1957

Chère Alba,

J’ai dû m’enivrer pour t’écrire. Peut-être trouveras-tu cela lâche ou bien la chose audacieuse? À tout le moins, relèveras-tu mon honnêteté.
La tête me tourne et tu dois te demander ce que j’ai bu. Du bon vin, je te rassure. Rouge, comme le verre que nous avons partagé le soir du petit bal sur le quai de la Daurade.

Alba, j’ai dû m’enivrer pour t’écrire, m’enivrer pour retrouver ne serait-ce qu’un infime substrat de l’étourdissement que j’ai ressenti dans tes bras.
À l’instant où je t’écris et ce, malgré la bouteille qui touche à sa fin, je suis beaucoup plus sobre que ce soir-là. Mes pieds sont fermement ancrés au sol et si mon esprit s’égare avec l’alcool, ce n’est rien comparé au chavirement que mon être tout entier a vécu en t’étreignant. Beaucoup de monde papillonnait autour de toi l’autre soir et tu as dansé avec tant de partenaires que tu ne te souviens probablement pas de ce moment, ces quelques minutes qui me furent si intenses. Alors mon corps devra t’oublier, mais mon âme pour toujours je le sais, ressentira à l’évocation de ce souvenir, un vertige équivalent à l’ivresse. Quand la voix de la chanteuse susurrait des mots doux, et quand ma bouche s’est approchée de ton cou.

Oui Alba, je m’enivre pour t’écrire, sentir à nouveau les frissons du désir m’envahir et me brûler le ventre. Je voudrais être à nouveau vulnérable et libre, et les mains dans les tiennes, renverser ma tête en arrière, les yeux fermés, puis m’approchant de tes cheveux, humer leur parfum de jasmin, subtil et captivant, doux et puissant telle une onde de lumière, une aura vaporeuse et blanche en harmonie parfaite avec ta robe légère.

Tendre Alba, désormais, je vois flou et j’ai le vertige. Ce n’est pas ce vin délicieux mais les souvenirs de toi. Mon corps se rappelle la cambrure de tes reins. Mes mains n’oublieront pas la douceur de ta peau laiteuse. Mes yeux ont gravé la rondeur de ta bouche carmin et le velouté de tes yeux bruns.

Alba, je ne suis pas ivre car l’alcool ne me fait rien. Seul ton visage sous mes paupières me laisse sans repères et semble me conduire inexorablement vers une folie douce et exquise.

Alba, mon visage s’est empourpré maintenant, mes joues me brûlent et je ne suis plus qu’un incendie. La chaleur se diffuse en chaque recoin de moi, chaque fois que ton nom se forme sur mes lèvres et prend vie dans un souffle ardent.

Alba, cette flamme est pour toi, mon cœur est une braise qui rougeoie, jamais sa lueur n’a été telle. Il irradie tant qu’il me semble pouvoir le voir à travers moi.

Oui, ma chère Alba, j’ai dû m’enivrer pour t’écrire, l’étourdissement me gagne et je dois m’arrêter là. Je pense à toi intensément, et si tu ne dois jamais me lire, c’est que je suis infiniment soûle d’amour pour toi.

Rosa »

 

Félicitations à Célia Cassagnaud qui a gagné une liseuse Kindle  !

 

 

***

En 1884, à Cannes.
Un hivernant pas comme les autres: le célèbre écrivain Guy de Maupassant,
une jeune courtisane née au Suquet, Lola Deslys
et une aristocrate anglaise déclassée, Miss Fletcher of Ramsey,
s’allient pour rendre justice à une jeune femme de chambre
assassinée dans le parc d’un palace de la Croisette.
Parviendront-il à faire éclater la vérité dans une ville
où la protection des puissants est la seule priorité?

En papier dans votre librairie, ou en numérique, ici.  

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *