#2 – La lettre froissée, Prostitution et Courtisanes au XIXe siècle, 1/2: la fille publique.

Premier tome d’une trilogie, policière historique, La lettre froissée est un roman se déroulant à Cannes en 1884 (Belle-Époque).

Prostitution et courtisanes au XIXe siècle, la prostitution sous la IIIè République

En faisant ces recherches pour La lettre froissée, j’ai découvert des choses stupéfiantes, particulièrement sur la prostitution. Plus de la moitié des femmes de la fin de ce siècle, en France, étaient vouées à la prostitution pour survivre, ou, dans les cas des femmes de la bourgeoisie ou du grand monde, pour pouvoir disposer d’une petite autonomie financière, puisqu’une fois mariées, elles  étaient juridiquement mineures. Nous avons tendance à prendre un air supérieur pour parler de cette période révolue, mais n’oublions pas que jusqu’en 1965 encore, les femmes n’avaient pas le droit en France d’ouvrir un compte en banque à leur nom sans l’autorisation de leur mari, même si elles travaillaient. De toute façon, pour travailler, il leur fallait l’autorisation du mari. Ce n’est pas si lointain.

J’ai développé ce sujet dans le  livret que j’ai écrit pour accompagner le roman:
Divagations autour de La Lettre froissée.

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Lola Deslys, mon personnage principal exerce le métier de courtisane. Pourquoi courtisane, et non prostituée ? Parce qu’elle ne raccroche pas sur le trottoir, et qu’elle parvient à recruter sa clientèle parmi des hommes ayant pignon sur rue, en s’introduisant dans certains milieux, ateliers de peintres, théâtre, ou alors en paradant dans sa belle voiture sur la Croisette. Pierreuse est l’un des noms que l’on donnait aux filles publiques.

Souvent, à leurs débuts, comme mon héroïne, elles sont modèles pour peintres ou photographes.

Bien sûr, je savais que la prostitution était un sujet récurrent chez les écrivains et les poètes du XIXe. Mais j’ignorais la réelle place qu’elle prenait dans cette société de la IIIe République.

Je vais donc vous parler de ce sujet en deux temps : aujourd’hui les prostituées telles qu’on les comprend en général, et la prochaine fois les Courtisanes.

Tout a commencé avec Napoléon Bonaparte. L’arrêté du 3 mars 1802 légifère sur la visite sanitaire obligatoire des filles publiques pour endiguer l’épidémie de syphilis de l’époque. Sur ordre de Napoléon 1er, le 12 octobre 1804, le préfet de police de Paris de Dubois prescrit l’organisation officielle des maisons dites de plaisirs. Maisons de tolérance sont ainsi légalisées.

Mais l’état ne désirant pas légiférer à l’Assemblée de ces choses impures, ce sont les Mairies qui doivent établir des décrets établissement les règlements et statuts de la prostitution dans leur commune.

C’est grâce à cela que j’ai retrouvé :

le décret sur la prostitution établi en 1886 par la mairie de Cannes.

Les filles doivent donc s’inscrire à la préfecture, puis, ensuite, peuvent s’inscrire dans une maison. Les filles de rue sont alors dites « en carte » ou encartées et celles des maisons closes sont dites « à numéro ». Ces prostituées, reconnues par l’État, on les dit « soumises » par opposition aux clandestines, les « insoumises » qui sont punies par la loi.

En cas de contrôle positif à une maladie vénérienne, la syphilis le plus souvent, la fille est envoyée à l’hôpital ou en prison. À Paris il s’agit de l’austère prison Saint-Lazare (les derniers bâtiments de cette ancienne prison sont devenus aujourd’hui la médiathèque Françoise-Sagan dans 10e arrondissement) pour être isolée et y être soignée. Elle ne retrouve sa carte qu’une fois jugée guérie.


Sortie du réfectoire à St Lazare
La carte de la préfecture, imprimée sur un carton blanc devient rouge si la prostituée est syphilitique.

L’État, et notamment le fisc, profitait de ce commerce en prélevant 50 à 60 pour cent sur les bénéfices. À Paris, ils sont environ 200 établissements officiels, sous le contrôle de la police et des médecins, au milieu du siècle, mais seulement une soixantaine à la fin, par suite de la multiplication des bordels clandestins qui comptent alors 15 000 prostituées.


Toulouse-Lautrec : la fête de la patronne

De 1871 à 1903 environ, on dénombre 155 000 femmes officiellement déclarées comme prostituées, mais la police en a arrêté pendant la même période 725 000 pour prostitution clandestine. Car la majorité des femmes qui se livrent à la prostitution ne sont pas encartées. Elles échappent ainsi à la surveillance policière et aux séjours à Saint-Lazare. On les nomme les « insoumises ».

 

 

De nombreuses caricatures ou peintures nous montrent des messieurs à monocles et chapeaux haut de formes lorgnant dans la rue ces ouvrières, guettant le bon moment pour les aborder.

Et n’oublions pas celle, de fait, des domestiques, – bonnes, femmes de chambres, filles de cuisine- bien obligées de céder aux avances du patron simplement pour garder leur emploi.

Il y a aussi le phénomène des étudiants se mettant en ménage avec une grisette. Ils viennent à Paris pour faire leurs études financées par leurs parents de Province. La jeune ouvrière parvient ainsi à survivre financièrement, mais l’étudiant, diplôme en poche, repartira un jour épouser la jeune fille de bonne famille qui lui est promise et finir sa vie bourgeoise en Province.

 

Ajoutons à ce tableau les bourgeoises et les aristocrates. Elles apportent au mariage leur dot, (si toutefois il ne s’agit pas d’une dot fictive. N’oublions pas que la pratique de la dot vise surtout à exclure du testament les filles de la fratrie). Mais si leur mari est pingre ou joueur, elles n’auront pas accès à cet argent. Puisque le code civil de 1804 apporte le déni du droit de propriété et de la personnalité civile de la femme mariée. « Prenons garde que la femme mariée n’envie le sort de la concubine indépendante, libre de disposer de ses gains », prévient un juriste de l’époque dans sa thèse de droit.

En effet, bien des femmes honnêtes auront recours aux maisons de rendez-vous pour pouvoir disposer d’un peu d’argent à elles, tenir leur rang, agrémenter leur toilette, d’un bijou ou leur table, de fleurs. Cela peut paraître futile, mais dans leur milieu cela pouvait être source d’humiliation que de manquer de ces frivolités.


Vous pouvez admirer ce tableau de Gervex à la mairie du XIXe.
À droite, on y reconnaît Maupassant, son ami, avec une moustache, et Valtesse de la Bigne, grande courtisane dont je vous parlerai la prochaine fois.

Retrouvez la présentation de La lettre froissée:

#1 La lettre froissée, il était une fois un roman policier historique sur la Riviera, à la belle Époque…

***

Enquête à la Belle-Époque, tome 1 : La lettre froissée

Premier tome d’une trilogie, policière historique, La lettre froissée est un roman se déroulant à Cannes en 1884

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