Le prologue du parfum de la tendresse en audio gratuit mais pas que…

Aujourd’hui, c’est un jour pour les cadeaux, vous ne trouvez pas?

Vous vous demandez de quoi parle LE PARFUM DE LA TENDRESSE?

En avant-goût, voici un extrait gratuit du roman.
Plus exactement le prologue.
En texte écrit mais aussi en audio…
Pour le plaisir… (en tout cas le mien!) Vous savez combien j’aime lire à voix haute!

Prologue du parfum de la tendresse

Extrait AUDIO du roman LE PARFUM DE LA TENDRESSE, le prologue.

 » Novembre 2019

Un vendredi de pluie violente, en revenant du lycée, bien abrité sous son parapluie, un homme d’une cinquantaine d’années, encore svelte, s’arrête devant une tombe dans le grand cimetière Saint-Pierre d’Aix-en-Provence. Ce tombeau, avec ce médaillon gravé en bas-relief d’un profil austère, respire l’opulence d’une vieille famille aixoise.
Le nom le plus récent sur la pierre gravée est Catherine Maurel, épouse Conté. Entre les nombreux pots de fleurs contenant des petits citronniers, oliviers, rosiers grimpants, bien entretenus, on devine un texte discret annonçant que Catherine a laissé son mari inconsolé. Joseph Conté, que sa femme appelait Jo, parle à la stèle, comme à son habitude. D’autres fois, il lui arrive de fredonner, de s’attarder à rêver. L’été, il vient arroser les plantes et enlever les feuilles flétries.
Mais aujourd’hui, l’averse est trop forte pour musarder. Au moment de faire demi-tour, sidéré, il voit surgir de derrière le rosier qui décore la sépulture… un chaton.
Jo fait tout pour détourner le regard, pour ne pas s’intéresser à ce chat tout mouillé et tout noir qui vient vers lui avec naturel, comme s’il l’attendait. Le miaulement est puissant, exigeant, vindicatif. Cette apparition le dérange. Il était bien tranquille, là, déconnecté de l’existence, sous les cataractes qui martèlent son parapluie et voilà que ce petit animal le force à atterrir, à prendre conscience du réel.
D’où sort-il ?
Une fois extrait de force de son état songeur, Jo pivote et s’éloigne à grands pas. Il se connaît. Comment pourrait-il résister à l’appel d’un chaton en détresse ? Mais il n’y a de place dans sa vie pour rien d’autre que sa peine. Depuis des années, déjà. Il ne peut se charger d’une âme au quotidien.
Pourtant, quand il a décidé de renoncer à affronter le tumulte de la vie, Joseph Conté s’est accroché à une seule chose : la gentillesse. C’est sa faiblesse. Mais il sait aussi que la faiblesse est une force. Celle qui lui permet de rester en vie. D’espérer revoir sa fille.
Il tourne la tête en arrière, par-dessus son épaule, au moment de virer au coin de l’allée n° 3, mais le chaton a disparu. Il n’y a plus rien ni personne sur la tombe de Catherine. Soulagé, il continue néanmoins à marcher d’un bon pas. Maintenant, il a hâte de rentrer boire un thé bien chaud en corrigeant ses copies.

Il ne voit pas derrière lui le chat mouillé qui slalome de flaque en flaque, saute de porche en porche, prêt à le suivre au bout du monde.

Ce que Joseph Conté ignore encore – d’ailleurs le saura-t-il un jour ? – c’est qu’au moment même où la petite chatte Sissi est venue vers lui sous la pluie dans le cimetière, un jeune chien, Pouf, entrait dans la vie de sa fille, Aurélie.
Aurélie a coupé les ponts, Aurélie ne veut plus parler à son père. Elle vit à Strasbourg, à quelque mille kilomètres de Jo, avec son compagnon, Arjun, et leur bébé d’un an, Rohan.

Ce même jour donc, Aurélie et sa petite famille s’en vont visiter le pittoresque village de Bischwiller dans la périphérie de Strasbourg. Mais il ne s’agit pas d’une simple promenade touristique. Le groupe se dirige vers une assez grande maison discrète, un peu à l’écart.
La porte s’ouvre, une femme en sort avec un chien dans les bras. Un bref aboiement joyeux, le bichon regarde Aurélie, celle-ci tourne les yeux vers Arjun qui pousse le landau de Rohan. Ils se sourient, ils se sont compris à demi-mots.
Cela fait quelques semaines qu’ils en parlent. Prendre un chien pour que Rohan puisse grandir avec un copain à poils. Ils savent tout des bienfaits d’une présence canine sur un enfant.
Ils entrent dans le bâtiment et une jeune fille souriante, Rebecca, leur fait visiter l’espace où vivent les animaux à adopter. Elle les accompagne pour les aider à sélectionner leur futur compagnon.
Un jeune chien se réfugie dans le coin de sa cage à leur approche. Oreilles pendantes, tête penchée, regard timide et rêveur, queue en point d’interrogation, il les considère avec un mélange de crainte et d’espoir. Vous allez me choisir ?
Mais quand il voit le bébé, il s’anime soudain et son inquiétude s’évapore.
Rohan s’approche de la grille et passe sa main à travers.
Quand le petit chien se lève et s’avance en frétillant de la queue, Aurélie redoute que son fils ne se fasse mordre. Rebecca la rassure :
– Il est très doux. C’est un tendre. Il adore les enfants, mais attention, il a quand même son caractère, hein ! Il est trop gourmand, pour ne pas dire vorace !
Elle rit.
– Et parfois, il fait des blagues. Vous avez lu la bio que je lui ai rédigée ?
Ils lisent le panneau devant la cage : « Je m’appelle Tofu. Je suis un mélange de beagle avec on ne sait pas quoi d’autre. J’ai presque un an. On m’a donné quand j’avais 3 mois à une personne qui ne voulait pas de moi et qui m’a attaché à son radiateur. Sans balade, sans câlin, sans jouet, sans rien. J’avais toujours faim. »
– Tu m’étonnes qu’il soit vorace, murmure Arjun. Pauvre vieux !
Le panneau continue à dérouler le douloureux passé du chien : « Elle en a eu définitivement marre de moi et m’a laissé dans la rue au milieu de la nuit devant le refuge où l’on m’a trouvé le lendemain matin. Ici, ma tristesse est partie, je suis toujours content, je veux rattraper le temps perdu. Dynamique et curieux, je ne veux rien louper, mais je me méfie encore des humains quand ils crient. J’adore les enfants, les chats et les autres chiens parce que j’aime trop jouer. Je suis câlin, j’aime les caresses, les gratouilles et les léchouilles, j’ai trop manqué d’affection. Bon OK, il y en a qui disent que je suis pot de colle… »
Aurélie sent des larmes lui monter aux yeux et elle ne parvient pas à en lire davantage. Elle montre les autres cages.
– Toutes les histoires sont pareilles ? demande-t-elle à la jeune fille en bottes de caoutchouc.
– Malheureusement, pour la plupart, oui. Plus ou moins.
– Mais comment vous savez tous ces détails sur ce chien ?
– On a fait notre enquête. Ça n’a pas été trop compliqué. Quelqu’un avait vu la dame l’attacher devant notre porte. Tofu se comporte bien en laisse, vous n’aurez pas de souci pour le promener. Il gambade sans tirer et même il se retourne régulièrement pour vérifier si on est bien derrière lui.
Arjun rit.
– Il ne sent pas la laisse ?
– Si, bien sûr, mais je pense que ça le rassure de nous voir. Vous travaillez tous les deux ? Parce qu’il a besoin de présence.
– Ça ira, je n’ai pas énormément de cours, dit Arjun. Je suis souvent là. Je fais des recherches pour ma thèse.
– Remarquez, quand il est seul à la maison, il est sage, ajoute Rebecca. Il n’aboie pas. Il se contente de dormir en vous attendant. Et il se tient super bien au restaurant. Enfin, là où on accepte les chiens. Il s’entend avec tout le monde. Même avec les chats, car dans sa première maison, son unique source d’affection était un chat qui dormait avec lui.
– De toute façon, on n’a pas de chat, dit Aurélie.
Son regard s’attarde sur son fils accroupi au sol devant le chien, absorbé par les échanges de caresses. Le son du rire communicatif de l’enfant la comble.
Rebecca achève sa plaidoirie par cette phrase :
– Il vous rendra votre amour au centuple !
Ils sont déjà convaincus. C’est celui-là qu’il leur faut.
Rebecca a l’estomac noué en voyant partir le chiot. Elle n’arrive pas à s’y habituer, même si elle est heureuse de savoir que le petit beagle a trouvé une famille.
– Appelez-moi s’il y a le moindre problème, hein ?
Quelques minutes plus tard, la famille sort du refuge avec, au bout d’une laisse, un jeune bâtard beagle de onze mois et des poussières.
– Il a l’âge de Rohan, c’est pas un signe, ça ? dit Aurélie.
– Oui, mais en âge de chien ça lui fait sept ans, alors c’est pas pareil.
– OK, mais c’est encore un gosse quand même.
– C’est un vrai Snoopy, non ? dit Arjun. Le compagnon idéal. Il parlera aux oiseaux, transportera sa gamelle pour réclamer sa pitance et écrira sa biographie sur sa niche, penché sur sa machine à écrire Underwood.
– Euh, pour l’instant, on n’a pas de jardin pour une niche, je te fais remarquer.
– Ça va pas tarder ! assure Arjun avec un sourire.
Le chien regarde autour de lui avec étonnement. Il est collé à la poussette de Rohan, comme si le bébé était son seul repère.
– T’es pas trop habitué à la ville, on dirait ? se moque gentiment Aurélie.
– Tu parles à un chien, je te signale ! dit Arjun, légèrement sarcastique.
Une fois arrivé devant la voiture, le chien inquiet observe attentivement le grand chambardement du pliage de la poussette rangée ensuite dans le coffre, de l’attache de Rohan sur le siège-baquet avec la ceinture de sécurité.
Il craint d’être oublié sur le trottoir. Il tente un jappement, pas trop fort. Histoire de se rappeler aux humains, mais sans les agacer. L’enfant piaille en tendant les bras vers lui, exigeant. Ce geste rassure le chien. Il ne risque pas d’être abandonné, ici, avec ce petit qui le réclame.
Finalement, l’homme le saisit et le pose à l’arrière, sur une couverture pliée à côté du siège de l’enfant. Une fois installé, il donne un grand coup de langue sur le bébé. Il émet un bref aboiement :
– Wouf !
L’enfant attrape alors la tête du chien et frotte son nez contre la truffe noire humide. Il frappe des mains avec entrain en gazouillant :
– Pouf !
Arjun et Aurélie se regardent, émerveillés !
– C’est son premier mot ! s’exclame Aurélie ! Pouf ? Je m’attendais à mieux !
– Tu triches, ce matin, il a dit Dad !
– Tu peux rêver ! Tous les bébés disent toujours dadadadada ! Et chez nous, on dit pas Dad, on dit papa !
– N’importe quoi ! Le premier mot de mon fils ? Pouf ?
Le chien salue le mot de son jappement insistant.
– Ça va, on a compris que maintenant tu t’appelles Pouf ! dit Aurélie.
Le jeune chien pose son museau sur les genoux de Rohan, installé dans son siège de bébé. Il aspire goulûment par tous les pores de sa truffe l’odeur de Rohan.
Il la distingue et l’enregistre au milieu de dizaines d’autres qui assaillent ses narines. Les deux adultes, le chauffage, le moteur, le sac du pique-nique, les objets qui traînent un peu partout, mais aussi la ville environnante, les voitures, les passants grands et petits, les commerces, les traces des chiens qui ont marché par là.
Il est prêt pour son destin. Il sait qu’il a trouvé son humain. Son bébé. Sa vie va prendre un nouveau départ.
Satisfait, il s’endort malgré les cris enjoués de Rohan, ses caresses maladroites et son tirage d’oreilles. Comme s’il était enfin arrivé chez lui
. »
Extrait du roman LE PARFUM DE LA TENDRESSE, le prologue.

Allez, encore un peu de patience…
ça ne va plus tarder…
LE PARFUM DE LA TENDRESSE
– précommande numérique le 1er juillet
– sortie officielle (si tout se passe bien) le 7 juillet…

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