Allongez vous sur le divan, le temps du roman de Chris Simon… expérience inoubliable…

 Chris Simon est franco-américaine. Elle vit en France.OLYMPUS DIGITAL CAMERA

En 2011, (alors là, c’était même pas le premier train, c’était la charrette à boeufs. Le cabrouet!)
elle se lance dans l’aventure ebook et auto-publie « La couleur de l’œil de Dieu ».
L’année suivante « Le baiser de la mouche »
puis en 2013, elle crée et publie sa série psy humoristique,
« Lacan et la boîte de mouchoirs, saison 1 ».
Les premières séances obtiennent un beau succès sur Kindle : 3 mois dans le Top100 !
Elle a sorti ensuite la saison 2 et la saison 3.
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images-1En 2015, elle crée avec les éditions La Bourdonnaye, collection PULP, une nouvelle série « Brooklyn Paradis ».J’ai d’abord découvert Chris à travers Lacan, sa série délicieuse sur la psychanalyse, que j’avais adorée, puis je l’ai rencontrée en chair et en os au Salon du Livre de Paris en 2015.
J’ai été séduite par sa désinvolture apparente, une sorte d’élégance très british. Pourtant elle est américaine. Comme quoi les préjugés et les lieux communs ont bon dos!
Elle est à la fois sérieuse et légère.
Elle exerce une observation « de veille » précieuse pour les auto-édités et si vous voulez savoir ce qui se trame de près ou de loin dans l’édition ET dans l’auto-édition, son « scoop-it » est incontournable.
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Si vous aimez les romans psychologiques mais sans prise de tête, les études de moeurs, l’humour pince sans rire, et même l’humour noir parfois alors vous adorerez les romans de Chris Simon.
C’est mon cas.

Mais aujourd’hui nous parlerons plus particulièrement
de la sortie de la saison 3 de Lacan et la boîte de mouchoirs.
Judith, Mangin, Chloé et sa mère, sans oublier l’amie américaine et le vrai psychopathe.
Des personnages que l’on suit avec délectation, mais sans moquerie.

Merci  Chris Simon pour ce plaisir de lecture.

J’ai voulu en savoir plus sur elle et sa manière d’écrire, je lui ai donc posé quelques questions.
Vous trouverez dans ses réponses une introspection sur son rapport aux personnages, à l’inspiration, ce qui l’anime en tant qu’écrivain mais aussi dans la vie, pourquoi elle a choisit l’autoédition, son rapport aux éditeurs traditionnels, ses projets, ses attentes…
Merci  Chris pour t’être livrée ainsi…

Mais surtout, lisez son livre.

 

ENTRETIEN avec Chris Simon

1/ Peux tu présenter ton roman en quelques lignes?
Une invitation dans le cabinet d’un psy lacanien à travers différents personnages en quête d’une vie meilleure. C’est donc une introduction à la psychanalyse du point de vue des patients, peu de théorie dans ma série que de la pratique !

2/ Pourquoi le choix de parler de psychanalyse. C’est un sujet difficile à traiter et qui peut également repousser des personnes qui vont penser qu’il s’agit d’un livre « ardu ».
Je crois que l’on se fait beaucoup d’idées fausses sur la psychanalyse. La théorie est peut-être parfois ardue, mais la pratique beaucoup plus limpide et de terrain. La psychanalyse est aussi vieille que le cinéma à qui elle emprunte une partie de son vocabulaire (séance) et qui a été pas mal explorée par les cinéastes comme Woody Allen, Alfred Hitchcock. Pour moi la psychanalyse plus d’un siècle plus tard devrait être aujourd’hui un outil accessible. Un outil pour mieux se comprendre, se connaître et améliorer son potentiel. Je suis toujours un peu tiraillée entre l’espoir de changement qui est humain et le fait qu’historiquement, l’humain ne change pas. C’est une source d’humour, de grotesque qui me ramène toujours au livre de John Kennedy Toole, La conjuration des imbéciles.

3/ D’où est venue ton idée?
Je suis partie de mon expérience personnelle, d’une vraie situation. En 2010, je suis allée chez un psy et il m’a dit qu’il était lacanien. Je connaissais le nom de Lacan bien sûr, mais pas vraiment ses théories, ni ses pratiques. Cela a attisé ma curiosité. L’autre objet qui m’a inspiré, c’est la boîte de mouchoirs, dans chaque cabinet de psy, il y a une boîte de mouchoirs. Une boîte, c’est toujours mystérieux, inquiétant, dérangeant, anxiogène même…

4/ Quels sont tes véritables points en commun avec Judith ta protagoniste principale ? et les points de fiction ? (on va tout savoir, cette fois !)
Nous sommes américaines, d’origine juive. Toutes les deux, nous traversons ce qu’on appelle le choc culturel : on passe d’une culture à une autre, et toutes les deux, nous nous sommes rendues chez un psy suite à une relation qui ne marche pas. La ressemblance s’arrête là, car je suis aussi Française, je connais bien les deux cultures. Le reste est fiction.

5/ Judith n’est pas la seule héroïne. Peux-tu nous parler des autres patients, tous très importants? De cette mère de famille, (à laquelle je me suis identifiée, hélas -toute proportion gardée, attention!!! :-)) et du psychanalyste ?
Existe-t-il vraiment ?
Par quel procédé en as-tu fait ce personnage si réel ? Quel est ton personnage préféré ?
Bref, parle nous des personnages…
C’est drôle, je m’y suis attaché et il a été difficile d’arrêter la série à cause de ça. J’ai essayé de les caractériser sans tomber dans la caricature, Maxime a des TOC (troubles obsessionnels du comportement), Chloé est un peu plus complexe, mais je me suis concentré sur son incapacité à être autonome, et de fait à être sous l’emprise de sa mère qui est, elle, très possessive. Ce sont des personnages qui essaient de dénouer leurs problèmes, parfois assez maladroitement, comme la mère qui à sa façon à elle de résoudre les problèmes, assez loin des approches psychanalytiques, ce qui créé un effet comique. Le psy est sans doute le personnage qui m’est le plus mystérieux, je me demande même si je n’ai pas écrit cette série, pour mieux le connaître. Je me suis bien sûr inspirée de mon psychanalyste pour créer Hervé Mangin, mais ce n’est pas la copie conforme. La relation psy/patient est la relation la plus étrange que je connaisse. En effet, c’est quelqu’un que vous voyez régulièrement, une fois par semaine, parfois deux à trois fois par semaine, vous lui parlez de choses dont vous ne parlez pratiquement à personne et pourtant, vous ne le connaissez pas. Je veux dire par là que vous connaissez le psychanalyste, pas l’homme ou la femme. Il y a une intimité dans la relation, mais c’est une intimité d’un autre ordre. Tu ne bois pas un café avec ton psychanalyste, mais tu lui parles de ce qu’il y a de plus important à tes yeux. J’ai fait un peu l’apprenti sorcier en écrivant cette série, il m’a fallu incarner un psy, me mettre à sa place. Pour ne pas faire faire trop de bêtises à Hervé Mangin au niveau professionnel, j’ai parfois eu recours à une amie qui est psy. Elle m’a aidé au mieux, pas facile de donner des réponses avec des « si » et des personnages de fiction.

6/ Quelles sont tes recettes pour organiser ta structure de récit? Nous sommes ici dans une série, avec des épisodes. Sont-ils prévus à l’avance sur toute la série, avec un déroulement d’actions précises ? Ou écris-tu au fur et à mesure ?
Au départ, je suis partie en improvisation complète, car Lacan et la boîte de mouchoirs était une nouvelle que j’ai ensuite transformée en série après un petit succès sur Kindle, 500 copies vendues en 1 mois en juin 2013, la nouvelle était dans le top100 pendant tout l’été, succès étonnant, je ne pensais pas que la psychanalyse intéresserait les lecteurs. Du coup, j’ai eu envie de continuer… J’ai donc improvisé une séance par mois. Une improvisation avec cependant un cadre très structuré : unité de temps, de lieu et d’action. Une demie heure, un cabinet, une séance. J’avais besoin de me mettre des contraintes et cette boîte qu’est le cabinet du psy, avec des paramètres bien définis : 2 personnages à la fois, avec un enjeu psychologique, m’a paru idéale pour travailler sous la contrainte et brider un peu mon imagination, mais en fait, cela ne l’a pas bridée du tout bien au contraire. J’ai donc écrit les deux premières saisons en improvisant un épisode chaque mois. Pour la dernière saison, j’ai changé de méthode. J’ai écrit la saison en entier avant de la publier. Les retours des lecteurs sur cette saison 3 sont très enthousiastes. Ils apprécient cette dernière saison. C’est sans doute, une méthode plus satisfaisante pour le lecteur.

7/ Quels sont tes trucs pour combiner l’humour avec ton récit?
Judith a un certain penchant à se soucier des autres, et donc du psy, de s’intéresser à sa personne, ce qui créé une inversion des rapports amusante et un certain décalage. J’ai exploité ce décalage, mais toujours sans le grossir trop, car je voulais garder une certaine tendresse entre les patients et le psy, un certain respect des rôles. Les psys, quelque part, sont des êtres d’exception, ils ont une empathie hors du commun et une capacité à maîtriser leur empathie dans le but de faire avancer un patient. Humainement, c’est admirable. J’admire beaucoup mon amie psy à New York, j’ai aussi une admiration pour mon psy. On a tendance à se moquer d’eux, mais au fond, ce sont des grands blessés de la vie qui ont la générosité et l’idéalisme de vouloir aider les autres. Comme dans tous les corps de métier, il y a des psys très antipathiques, vous n’êtes pas obligés d’aller chez eux, heureusement ! J’ai aussi intégré un personnage, la meilleure amie de Judith, Alison, une américaine très riche, qui aime la vie, qui sait s’amuser de tout, en toute circonstance. C’est un personnage qui m’est cher, il y a un peu de moi en elle, un peu de nous tous, nous aimerions tous être insouciants, ne pas nous prendre trop au sérieux comme elle ! Le via serait plus gaie. Elle apporte cette bouffée d’air. Elle ne prend jamais rien très au sérieux. C’est une élégance.

8/ Peux tu choisir un extrait et nous le présenter ici ?
Comme je t’ai parlé d’Alison, je propose un extrait de la séance 5 – Saison 1. Nous sommes hors du cabinet ce qui arrive de temps en temps dans la série. Judith a rejoint Alison de passage à Paris dans un restaurant très chic de la capitale qui se trouve dans un passage près de la Madeleine. Judith pense que le psy est amoureux d’elle (car il lui a laissé un message) et le raconte à Alison tandis qu’elle déguste un menu gastronomique surprise. C’est aussi un bon exemple de la façon dont je mène l’humour dans cette série, ici, d’une part  par un contraste entre les  plats gastronomiques et ce qu’Alison déduit de leur composition chimique et apports énergétiques et de l’autre par la mauvaise interprétation de Judith des motivations du psychanalyste.

extrait:
Si le mobilier est futuriste, l’accueil quant à lui reste formel, old school même. Un premier homme en costume noir, chemise blanche et cravate sombre, nous installe. Puis un serveur aux prétentions de maître d’hôtel nous aborde.
— Bienvenue Mesdames. Nous sommes heureux de vous accueillir ce soir. C’est votre première fois ?

Nous acquiesçons.
— Nous vous proposons un menu unique. Vous connaissez la philosophie de l’établissement ? Menu surprise, composé de cinq plats. Pas d’allergies, d’incompatibilités ? Non, très bien. Désirez-vous, mesdames, un cocktail pour commencer ?
— Deux Gin Tonic.
— Je vous laisse la carte des vins.
Il pivote sur lui-même et disparaît. Son corps, ses vêtements sont si raides et figés qu’il donne l’impression d’avoir dormi tout habillé dans un congélateur les dernières vingt-quatre heures.
— Tim est à Londres. Je m’y ennuie toujours. Les Anglais savent faire un gin tonic, mais hélas je comprends tout ce qu’ils disent… à Paris, je ne comprends rien, c’est beaucoup plus drôle.
L’homme qui nous a accueillies nous apporte les Gin Tonic.
— Cheers. Devine qui m’a appelée ?
— Non !
— Si. Hervé Mangin a mordu.
— Tu crois qu’il va transgresser…
— Il a pris l’excuse d’un autre patient, mais je ne suis pas dupe…
— Un patient ? Il t’a appelée pour te parler d’un patient ? C’est énorme. Quel patient ?
Le serveur apporte des amuse-bouche. Un fumet de grotte humide se répand.
— Je vous propose pour une mise en bouche un velouté de champignons à la crème et maïs soufflés. Bon appétit, Mesdames. Vous avez choisi votre vin ?
— Nous ne connaissons pas le menu, difficile de choisir.
— Je recommande un blanc ou un rouge léger.
— Rouge.
— Nous avons un mercurey qui serait parfait.
— Allons-y pour le mercurey. Et une carafe d’eau s’il vous plaît.
— Nous n’avons pas de carafe.
— Ah bon. Vous avez des verres et de l’eau ?
Le serveur se fige. Alison me fait un clin d’œil et lui répond.
— L’eau, c’est pour faire la vaisselle, n’est-ce-pas ? On ne vient pas en France pour boire de l’eau, mais du vin. Apportez le vin, garçon !
Le serveur au visage de glace repart avec la carte des vins d’un pas réfrigéré.
— Tu crois que d’ici la fin du repas, il va se dégeler ?
— J’en doute. Je continue mon histoire. À ma dernière séance, je suis tombée sur ce mec, Maxime.
— Maxime ?
— Enfin, c’est plutôt lui qui m’est tombé dessus dans la salle d’attente du cabinet. Un nerveux, plutôt mignon, plutôt doux. Il m’a invitée à prendre un café, mais chez lui, car il a une phobie des microbes.
Alison contemple le velouté beigeasse qui sommeille dans nos assiettes.
— Le champignon est riche en protéines, tu le savais ? Lipides pour la crème. Glucides, sodium et fibres pour les pop-corn. Yummy !
— Donc, je le suis chez lui. Six étages, il y avait un ascenseur, mais en panne. Il ouvre la porte, quatre verrous plus tard…  Je n’avais jamais vu ça, Alison… un chaos de fringues. Pulls, sweat-shirts, jeans, chaussettes, slips recouvraient tout le sol de la pièce. Tu aurais vu ça…  il y en avait tellement, sa porte n’ouvrait plus complètement.
— C’est dingue.
— Je ne sais pas ce qui m’a pris, le choc. J’ai poussé un cri de stupeur. De m’entendre crier l’a fait paniquer. Il a refermé la porte et m’a coincée contre le mur de son entrée. Et puis là, il s’est mis à trembler et à me regarder vraiment bizarrement. Comme si j’étais un monstre… J’ai compris de suite que j’étais tombée sur un de ces freaks qui te découpent en morceaux et te hachent menu avant de te donner en pâture aux chats de gouttière du quartier…
— C’est effrayant. Les gens sont de plus en plus psychotiques. Faut vraiment être vigilante.
— Ni une. Ni deux. Je me suis souvenue de mes cours de self-defense. Bing, uppercut. Bang, coup de pied dans les couilles et j’ai filé.
Le serveur débarrasse nos assiettes vides de ses gestes rigides, tête haute, nez droit.
— Bien joué, ma belle. Tu t’en es tirée comme une pro.
Le serveur revient avec le vin et la première entrée qu’il annonce d’un ton plus laconique.
— Jambon de bœuf avec sa tuile de céréales et sauce épinard.
— Encore des lipides et des protéines. Pas très équilibré comme menu. Les épinards apportent un plus : omégas 3, vitamines B9, B12 et du magnésium.

Le serveur propose à Alison de goûter le mercurey. Elle obéit, se fend dans un français illégal d’un :
— Très bonne.

Il remplit nos verres à moitié et s’éclipse.
— Je n’aurais jamais dû suivre ce mec, mais bon, j’étais énervée après ma séance. Ce n’est pas comme si je l’avais ramassé dans la rue…
— Parfois, les gens ont de sérieuses raisons de fréquenter un psy !
Nous trinquons.
— Et le vin, ça contient des valeurs nutritives ?
— Googlons.
Alison sort son iPhone et me lit l’information illico presto.
— Oméga 3, oméga 6, potassium, phosphore, magnésium et alcool.
— Sans blague !
Nous buvons une petite gorgée et reposons nos verres. Le nouveau plat présente un assemblage surnaturel de couleurs. Vert et rougeâtre. « Vision moderne et décomplexée de la gastronomie » comme le restaurant l’indique sur son site.
— Hervé Mangin me demandait dans son message comment j’allais et si je venais demain à ma séance…
— Tu l’as rappelé ?
— Non. Surtout pas. Il est en train de mordre à l’hameçon… je ne vais pas tout gâcher.
— Tu crois qu’il va franchir la ligne ?
— Il s’habille beaucoup mieux depuis quelque temps. Il porte des couleurs plus vives, plus gaies… J’ai l’impression qu’il est amoureux.
— Ce ne serait pas très pro de sa part quand même.
— C’est le nœud Lacanien ! Le R.I.S. R pour réalité I pour imaginaire, S pour symbolique. Je m’explique. Réalité : il est amoureux. Imaginaire : de moi ? Symbolique : le manque évidemment. Je le tiens, c’est mathématique.
Le serveur approche portant deux assiettes creuses.
— Cou de canard rôti et chou dans son jus. L’acidité du chou sera compensée par le sucré du mercurey.
— J’ai une de ces soifs. Le vin, encore, garçon.
Le serveur est de plus en plus glacial, son degré de congélation descend à moins trente rien qu’au son des deux syllabes du garçon d’Alison.

Nous entamons notre deuxième bouteille de mercurey.
— C’est du magret ?
— Non du cou.
— Cu ?
Alison se tient la gorge en faisant une grimace et pointe du doigt le canard.
— La seule volaille qui contienne des omégas 6.
Puis, elle pointe le chou.
— Des omégas 3.
— Ça fait des omégas 9 ?
— Omégas 3, omégas 6, avec le vin qui en contient aussi, on est en train de se faire la méga overdose.

9/ Pourquoi as-tu choisi l’auto-édition pour cette série ?
La nature même de la série l’imposait. À l’époque, il n’y avait pas vraiment d’éditeurs qui faisaient ça (à part Laurent Bettoni), de plus mon concept d’improviser chaque mois une nouvelle séance ne se serait pas vendue auprès d’un éditeur, ce que je trouve normal. L’autoédition m’offrait toute la liberté dont j’avais besoin pour développer ce projet. Deux ans plus tard, la saison est finie et l’expérience m’a permis d’une part de développer des compétences en matière d’écriture et d’autre part un lectorat.

10/ Où en es-tu en ce moment? as-tu un éditeur? comment le vis-tu?
Je viens de finir la série et je vais me remettre à un roman que j’avais un peu laissé en stand-bye. Entre-temps, j’ai écrit une autre série Brooklyn Paradis, dont la Saison 1 est publiée chez La Bourdonnaye depuis mai 2015 (on peut découvrir le premier épisode gratuitement sur les plateformes), c’est une autre aventure. J’ai deux éditeurs très différents Publienet et La Bourdonnaye. Cela m’apporte un autre regard sur l’édition et me fait comprendre le système éditorial en France qui a ses défauts et ses aberrations, mais aussi de très solides structures.  L’éditeur gère un catalogue, en tant qu’autoéditée je gère un seul auteur, cela induit des méthodes et des enjeux très différents. Ce que je vis bien chez l’éditeur, c’est le fait de déléguer la partie éditoriale et logistique. J’ai beaucoup moins de travail et donc plus de temps pour l’écriture, j’apprécie. Je ne vends pas forcement plus en numérique, mais mes livres papier passent par des circuits très différents des circuits de l’autoédition. Être auteur, c’est l’école de la patience. Avec l’éditeur La Bourdonnaye, mes livres entrent dans le circuit papier et touchent un nouveau lectorat. L’autoédition va vite, c’est un circuit court, l’édition va beaucoup plus lentement, c’est un circuit long. Les deux sont compatibles.

11/ Quelles sont tes belles surprises vécues tout au long de cette aventure?
Je crois qu’avant tout, ce sont les retours et les commentaires des lecteurs, puis les rencontres que j’ai faites avec d’autres auteurs comme toi. La liberté que j’éprouve et une certaine satisfaction de ne plus être en situation de demande, d’attente vis-à-vis des éditeurs. Le sentiment d’aventure vient du fait que nous explorons un champ encore libre. Ensuite vient la satisfaction et l’étonnement d’en avoir vendu plus de 3 000 exemplaires, en étant inconnue avec de très petits moyens, du reste la série continue de se vendre chaque mois à un rythme stable. Ça reste confidentiel, mais il faut savoir qu’un premier roman ne se vend qu’à 600 exemplaires chez un éditeur. À travers cette série, je me sens vivre, exister en tant qu’auteur parce que mes livres sont lus. L’auteur naît dans le regard du lecteur.

12/ Quel est ton prochain roman? Tes prochains projets?
Je prépare un roman que j’ai écrit il y a plus de deux ans, c’est une dystopie très noire, avec une certaine ironie. Je questionne le devoir de mémoire et la question centrale de ce devoir : l’histoire nous apprend-elle quelque chose ? J’ai beaucoup hésité à le publier, mais je me suis finalement décidée à le faire. Ça sortira en mars 2016. Je m’y remets dès ce mois-ci, j’ai encore un peu de réécriture. En novembre, j’ai écrit un autre roman, un Thriller historico-politique, avec une dose d’humour. J’ai profité du NaNoWriMo (National Novel Writing Month) pour faire le premier jet, j’ai fini en dessous des 50 000 mots, mais j’ai un premier jet complet. C’est ce qui compte.

Ceux qui veulent me suivre peuvent aller sur mon blog :  http://chrisimon.com/
Ou ma page FB d’auteur : https://www.facebook.com/ebookbychrisimon/
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Série Lacan: http://www.amazon.fr/Lacan-bo%C3%AEte-mouchoirs-S%C3%A9ance-1-ebook/dp/B00D79A48Y
Série Brooklyn Paradis : http://www.amazon.fr/Brooklyn-Paradis-Saison-Lintégrale-canapé-ebook/dp/B00UP3NW2U/

Quelques uns des commentaires suscités par le roman de Chris Simon :

« On sourit, on s’émoustille, les non-dits imaginaires liés en un discours de phylactères invisibles, éclatent dans le désordre.Le Réel de la boîte à mouchoirs se révèle : « Son rire de pluie fraîche »  Marie-Christine

« … D’où vient ce sentiment de doute diffus qui nous étreint souvent ? Comment se débarrasser de cette petite boule au ventre, de cette impression d’être sur un siège éjectable ? Comment gérer cette incertitude qui nous rend horripilant, à l’affut de tout ce que les autres disent, pensent. Allez consulter votre psy ou mieux, dévorez les livres « Lacan et la boîte de mouchoirs ». Cela vous fera un grand bien comme si vous étiez en séance avec votre psy. Bonne lecture ! »  Angilella

« Quel plaisir de retrouver Judith, Chloé, le docteur Mangin… dans cette série de rebondissements surprenants et savoureux ! Pas de train-train,des révélations,cette dernière saison se termine sur une note forte ! Et l’intégrale permet d’enchaîner (dévorer?) les épisodes ! Le principe des séances de psychanalyse est toujours remarquablement illustré mais accéder aux « à côté » est plus jubilatoire que jamais. Un must! » Cédric Fnacbookeur

« Lire Lacan et la boîte (de secours) de mouchoirs, ce n’est pas apprendre une technique de psychanalyse, mais plutôt découvrir le portrait de deux (im)patients, échoués périodiquement en salle d’attente avec sa secrétaire et ce psy bien humains. L’énergumène et phobique Maxime est certainement le plus drôle de cette palanquée. Dans cette série, pas de plongée néanmoins dans leur subconscient, ni aucun pallier pour décompresser. Les quelques minutes accordées à chaque séance ne leur offrent qu’un maigre échappatoire, mais on prend vraiment plaisir à suivre leurs péripéties et leurs tourments pour être enfin écoutés et se retrouver face à eux mêmes… ce que j’ai le plus apprécié, c’est la plume pleine d’humour qui dépeint leur environnement, c’est un ouvrage de grande qualité qui fait passer un très bon moment. » ebookivore

Je vous rappelle qu’on peut lire un roman numérique Kindle même si on n’a pas de Kindle,
en téléchargeant gratuitement l’application Kindle proposée sur le site Amazon.
Je vous rappelle également qu’on peut lire gratuitement un extrait
en téléchargeant à droite « lire l’extrait »,
ce qui permet de se faire une idée avant d’acheter pour savoir si on aime.
Personnellement je le fais quand je ne suis pas sûre d’aimer
et le test est efficace:
si quand l’extrait s’arrête brusquement, je suis surprise et frustrée,
pof  >  j’achète direct.
Sinon au revoir pauvre auteur qui a passé tant de temps à écrire son livre.
Oui, la vie est cruelle aux auteurs…

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