Prix Amazon de l’auto édition de la Rentrée, le mot des jurés…


Il y a 2 personnes du staff d’Amazon KDP France,
et il y a des auteurs auto-édités ayant eu du succès sur KDP:
Audrey Alwett , Alice Quinn, Aurélie Valognes,  Laurent Bettoni, Wendall Utroi,
avec Lorant Deustch comme président du jury,
voilà les membres du jury d’un Prix qui sera le « pavé dans la mare » des Prix de la Rentrée…

Comme je suis fainéante et qu’Audrey Alwett a fait ça d’une main de maître,
je vous recopie ici directement l’article qu’elle a publié sur son site:
PAGE SEAUTON, le blog d’Audrey Alwett
http://www.page-seauton.com/prix-amazon-le-mot-des-jures/#more-316
Vous pouvez lire jusqu’au bout, Aurélie Valognes conclut
par une très claire analyse de la situation éditoriale française…
Très intéressant.
J’en profite pour remercier ici Audrey de la jolie vitrine qu’elle offre ainsi aux membres du jury,
car bientôt on ne va plus parler que des livres en lice… 😉

Prix Amazon de l’auto édition, le mot des jurés

Début octobre, aura lieu la remise du premier grand prix Amazon, qui récompensera un auteur auto-publié sur sa plateforme. Depuis juillet, les jurés présidés par Lorant Deustch sont déjà au travail : Aurélie Valognes, Laurent Bettoni, Wendall Utroi, Alice Quinn et moi-même avons répondu à quelques questions (oui, l’auto-interview est un exercice un peu étrange, j’en conviens).

Vous êtes tous dans le jury Amazon, c’est qu’a priori, l’auto-édition, ça vous parle… En deux mots, vous y êtes arrivés comment ?

Aurélie Valognes   Aurélie Valognes : Par hasard. Par peur aussi, de voir mon premier roman rejeté par les éditeurs. Alors je l’ai mis à la disposition de lecteurs inconnus (ceux d’Amazon) pour obtenir un avis objectif sur mon texte. La machine s’est tout de suite emballée sans que je n’aie rien anticipé : Mémé dans les orties s’est installé pour plus de 290 jours dans le Top20, et s’est vendu à plus de 25,000 exemplaires, avant de se faire repérer par mon éditeur, Michel Lafon.

Laurent Bettoni : C’est un ami auteur, David Camus, qui m’en a parlé, fin 2011. J’avais publié un roman chez Robert Laffont, Ma place au paradis, et mon éditeur étant décédé peu après sa publication, je me suis retrouvé orphelin d’éditeur. Alors j’ai publié mon premier roman en indé, Écran total, en février 2012, et ça a marché.

Wendall Utroi : Mon impatience et surtout le fait que me trouvant à l’étranger, je ne pouvais pas envoyer le manuscrit. Mais, pour être honnête : j’avais un gros doute quant à la qualité de mes écrits et la possibilité qu’il puisse séduire. Je me suis donc caché derrière un pseudo et j’ai attendu la réaction des lecteurs de Amazon.

Alice Quinn : A la suite de déboires avec certains de mes éditeurs, j’ai craqué et j’ai décidé d’auto-éditer en numérique mes romans dont j’avais récupéré les droits, ou ceux qui avaient été refusés. J’ai choisi ma série Rosie Maldonne dont je n’avais écrit qu’un tome, je l’ai retravaillé et j’ai changé de nom. C’est grâce à ce personnage que j’ai été, merveilleuse et extraordinaire surprise, numéro 1 des ventes numériques en 2013.

Audrey Alwett : En parallèle, comme Laurent et Alice, j’ai une carrière d’auteur traditionnel. Mais ces derniers temps, je trouve que l’édition vit un grand bouleversement. Les ventes ne satisfont plus ni auteurs, ni éditeurs. Alors, j’ai eu envie de faire partie de ceux qui cherchent des solutions et, avec deux collègues chevronnés, ai fondé le premier label d’auteurs indépendants (dans une logique de collection, mais sans maison d’édition d’aucune sorte), BAD WOLF. L’idée est de prolonger la durée de vie d’un livre, devenue beaucoup trop courte en librairie, en multipliant les événements autour d’un livre. Ainsi, mon roman, LesPoisons de Katharz vise à être, en quelque sorte, prépublié en numérique pour arriver ensuite chez un éditeur traditionnel avec déjà un « coussin de lecteurs ». Car l’équation est simple, plus un livre se vend, plus il se vend.

Vous lisez tous sur liseuse… C’est le cas depuis combien de temps ?

Wendall Utroi   Wendall Utroi : Je devrais avoir honte mais je ne lis sur liseuse que depuis ma participation à cet événement, il m’arrivait d’emprunter celle de mon épouse. Je lis peu, en tout cas beaucoup moins que ce que je le souhaiterai.

Alice Quinn : J’ai découvert le Kindle dès sa première version. Je ne saurais pas dire l’année exacte. J’en ai eu un premier qui s’est cassé très vite car je le transportais partout au fond de mon sac à dos, chocs et &, je n’avais pas encore appris la vertu des étuis protecteurs!

Audrey Alwett : Mon frère m’a offert la mienne il y a au moins trois ans, mais au début, je m’en servais très peu. Quelques classiques pendant les vacances, c’était tout. Et puis un jour, fatiguée de le trimballer avec des bouquins d’un poids certain, je l’ai ressortie… et depuis, on ne se quitte plus.

Aurélie Valognes : Je lis sur liseuse depuis que j’habite à l’étranger, et ce qui correspond aussi au moment où j’ai autopublié mon roman. Je suis une boulimique de livres, donc le format ebook est très pratique, et bien complémentaire par rapport aux beaux livres que je m’offre pour mes romans coups de cœur.

Laurent Bettoni : Je lis sur liseuse depuis ma première publication en indé, c’est-à-dire depuis février 2012.

Vous avez déjà lu les dix romans qu’Amazon a sélectionnés ? Déjà un chouchou ou pas encore ?

Laurent Bettoni   Laurent Bettoni : Je ne les ai pas encore tous lus, mais j’ai déjà un chouchou, en effet. Et il y a beaucoup de bonnes choses dans ce que j’ai déjà lu.

Wendall Utroi : Non toujours pas, j’en suis à 5 et débute le 6 ème. Je préfère attendre de les avoir tous lu avant de me prononcer. Mais je dois reconnaitre que la qualité est au rendez-vous pour l’instant. Cela me rassure car on s’aperçoit que l’auto-édition peut jouer dans la cour des grands.
Aurélie Valognes : J’en ai lu huit sur dix, et ai déjà deux énormes coups de cœur. J’espère que les autres jurés partageront mon enthousiasme. Il y a des vraies découvertes sur qui mettre la lumière.

Audrey Alwett : J’en suis à sept sur dix, et j’ai déjà un gros coup de coeur, même si le septième, pour les quelques chapitres déjà parcourus, semble plus que prometteur… La sélection couvre des genres très variés, c’est très intéressant.

Alice Quinn : Oui, j’ai tout lu (la bonne élève)  mais je ne veux rien dire déjà… Je trouve cette idée de décerner un prix de la rentrée aux auto-édités géniale, amusante, décalée, et j’aime l’idée du pavé dans la mare. J’aime quand les choses bougent. Parfois il faut les aider un peu.

L’auto-édition, c’est pas un si gros milieu. Vous vous connaissez tous ? Est-ce que vous avez déjà lu les livres les uns des autres ?

Alice Quinn   Alice Quinn : Oui je connais tous les membres du jury et oui, j’ai lu leurs livres. On se croise sur les groupes des réseaux sociaux d’auto-édités. L’auto-édition évolue pour l’instant encore dans la petite cour. Mais elle en fait déborder les barrières un peu tous les jours.

Laurent Bettoni : J’ai lu beaucoup de livres d’auteurs indés, car j’en chronique pas mal sur IDBOOX, et j’en ai même publié certains chez La Bourdonnaye.

Audrey Alwett : Je connais tout le monde de visu, sauf Wendall et j’ai déjà lu au moins un livre de chacun des membres du jury. Ce qui est agréable, c’est que je les ai franchement tous beaucoup aimé. C’est très agréable de se trouver dans une telle équipe !

Aurélie Valognes : Effectivement, l’autoédition est un milieu de débrouillards où l’entraide est clé. On a la chance de se croiser sur des salons ou virtuellement par interview. Je lis beaucoup d’auteurs autoédités, principalement des polars ou de la littérature plutôt humoristique. J’ai notamment lu Un palace en enfer, le roman d’Alice Quinn, qui m’a beaucoup plu et dont l’aventure américaine me fait rêver.

Wendall Utroi : Je connais quelques auteurs grâce au salon du livre, mais nous sommes loin de tous nous connaitre. Mais, ces rencontres ont été vraiment agréables et pleines d’enseignements. Je fais office de jeune apprenti parmi eux. J’ai déjà lu certains d’entre eux, mais pas tous. Mon intention est de les découvrir tour à tour. Lire un roman de quelqu’un que l’on a rencontré est quelque chose de tout à fait particulier.

D’une manière générale, vous lisez beaucoup de livres d’auteurs auto-édités ? En aviez déjà vous lu que vous avez eu la surprise de retrouver ensuite dans la sélection Amazon ?

Audrey Alwett   Audrey Alwett : J’avoue que je lis de plus en plus d’auteurs auto-édités. Il m’arrive d’être déçue, mais pas beaucoup plus que dans l’édition traditionnelle. Par ailleurs, le milieu de l’auto-édition tend vraiment à se professionnaliser donc je pense que le niveau ne fera que croître dans les années (les mois ?) à venir. Sinon, en effet, j’avais déjà lu un des livres de la sélection que j’avais adoré, en plus.

Aurélie Valognes : Oui je lis beaucoup d’auteurs autoédités (plus de la moitié de mes lectures). J’aime découvrir la fraicheur de la plume d’un premier roman et aime l’idée de faire partie de leur aventure. Effectivement parmi la sélection Amazon j’ai eu la surprise de découvrir quatre titres que j’avais déjà lus.

Alice Quinn : Exactement. Je lis pas mal d’auto-édités, mais pas plus que d’édités traditionnels. Parmi les 10 livres sélectionnés par Amazon, j’en avais déjà  lu quatre.

Wendall Utroi : Comme je le disais, je lis peu, mais j’ai pu découvrir Aurel Angeli et Dalila Heuse, je les ai rencontrés au speed dating et ils sont dans la sélection. Ce ne fut pas réellement une surprise car ils carracolent en tête des ventes.

Laurent Bettoni : Oui, quelques-uns me sont déjà passés dans le mains, pour des soumissions chez La Bourdonnaye, des demande d’accompagnement (j’exerce une activité d’accompagnement littéraire) ou des chroniques.

Vous avez tous sorti un ou plusieurs roman… Une petite présentation rapide de votre préféré ?

GenouWendall Utroi : Mon premier, Un Genou à Terre. Pas vraiment un policier, mais un suspense qui je crois tient en haleine le lecteur. J’y décris à ma façon, la nature de l’homme, pas toujours blanche ou noire. Dans un style simple fait de dialogues, je tisse une intrigue aux nombreux rebondissements en tentant de préserver le dénouement. Au vu des commentaires, je crois que ces derniers points en ont fait son succès.
 
Laurent Bettoni : Je vais faire le filou et te donner deux titres, car je suis publié à la fois en indé et dans l’édition traditionnelle.
couv_mauvais_garcon

Mauvais garçon (paru chez Don Quichotte) raconte l’histoire d’un jeune homme brillant mais mal-né qui ne trouve pas de travail et qui va basculer dans l’extrémisation de ses idées politiques, via le Darknet.

 Capture d’écran 2015-09-03 à 08.53.41  Les Corps terrestres (paru en indé) raconte ce qu’il se passe quand l’amour et le sexe sont dissociés, à travers le destin mêlé de deux femmes et un homme. C’est une autopsie du couple, des rapports homme-femme et des rapports humains en général.
Mais je dois te dire que c’est difficile de choisir dans sa bibliographie, car tu sais bien qu’un auteur aime tous ses livres, sinon il ne les présenterait ni à son éditeur ni aux lecteurs.

Alice Quinn : C’est plus qu’un roman, c’est une série. Au pays de Rosie Maldonne.
Le numéro 1, Un palace en enfer, est sorti en 2013
et en juin 2015 aux USA sous le titre Queen of the trailer park,

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Et le numéro 2, Rosie se fait la belle, sortira le 6 novembre en français,
et il sortira aussi en anglais sous le titre Queen of the Hideout en février 2016.

Meme

 

Aurélie Valognes : Mémé dans les orties est mon premier roman. C’est l’histoire de Ferdinand, un vieux monsieur solitaire et aigri qui, pour tromper l’ennui, passe son temps à imaginer les pires coups possibles et fait tourner en bourrique ses voisines. Jusqu’au jour où il rencontre une petite fille d’une dizaine d’années, Juliette, et une mamie geek de 93 ans, qui vont littéralement forcer sa porte et son cœur. Il va découvrir qu’il n’est jamais trop tard pour changer et s’ouvrir à la vie… Les lecteurs disent y retrouver des airs de Tatie Danièle et Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

Les_poisons_de_KatharzAudrey Alwett : Après plus de quarante albums de BD, contes pour enfants ou nouvelles publiées, j’ai été heureuse d’écrire ce roman que je portais depuis longtemps : Les Poisons de Katharz. Il s’agit de fantasy épique, saupoudrée d’une bonne dose l’humour, ainsi que d’un certain humanisme. Mes lecteurs me rapprochent de Terry Pratchett, qui fut en effet un de mes grands guides. J’ai tâché de garder un ton léger, mais les enjeux politiques y sont lourds, les choix cornéliens et les épées, de Damoclès.

 

 

 

 

 

Avez-vous l’impression de faire partie d’un nouveau courant dans le milieu de l’édition ?

Aurélie Valognes : En un an, le monde de l’édition français a considérablement changé, dépoussiéré par l’autoédition, et l’émergence de nombreux auteurs hybrides (dont je fais partie). Il n’y a plus un chemin unique : c’est à chaque auteur de choisir sa propre voie pour aller à la rencontre des lecteurs.
Je constate que les choses se sont accélérées et les possibilités offertes aux jeunes auteurs en matière d’autopublication sont mieux connues, et effraient moins. Depuis mon expérience, je reçois de nombreux mails d’auteurs en herbe qui veulent tenter l’aventure de l’autoédition (c’est le cas notamment d’Amélie Antoine et Sophie Tal Men, qui sont installées depuis des mois sur les meilleures marches du Top100 d’Amazon), mais, de manières plus surprenante, je découvre également beaucoup de proches (amis et famille) qui ont sauté le pas de l’autoédition en se disant « si Aurélie peut le faire, pourquoi pas moi » (Anne-Gaëlle Huon, et quatre autres proches en dernière relecture avant mise en ligne). Je ne pensais pas avoir autant de connaissances passionnées par l’écriture !
Le contenu des œuvres autoéditées a également changé et il existe désormais une grande diversité des styles proposés en autoédition : littérature, science-fiction, œuvre douloureuse peuvent connaitre aussi de vrais succès auprès des lecteurs (et plus seulement, les romans érotiques, polars ou autres feel-good).
Enfin, l’autoédition se professionnalise, et cela permet de proposer des ouvrages de plus grande qualité, s’éloignant de l’ancienne image de sous-littérature que l’autoédition pouvait parfois avoir. Les nouveaux venus évitent les écueils des premiers. Ils n’hésitent plus à investir quelques centaines d’euros pour maximiser leurs chances de réussite, faisant appel à des professionnels, comme des correcteurs ou designers pour la couverture. Après tout, auteurs autopubliés ou édités, nous sommes des auteurs à part entière, et notre seule ambition est de partager des émotions avec les lecteurs.

Article publié sur : PAGE SEAUTON, le blog d’Audrey Alwett
Merci Audrey pour ce beau travail…

 

4 réflexions sur “Prix Amazon de l’auto édition de la Rentrée, le mot des jurés…

  1. T’as demandé son autorisation pour tout recopier ? Sinon, je te conseille de ne mettre que quelques paragraphes, puis un lien vers son site « Pour lire la suite »…

    Cyril

    >

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