Des chiffres et des lettres : la question de la rémunération des écrivains

Merci à Marie Causse,
pour cet article de fond passionnant sur la condition des auteurs, faisant écho au livre complet sur la question, de Bernard Lahire.
Auteur ou lecteur curieux, je vous invite à le parcourir.
De mon côté, je viens principalement de la littérature jeunesse, alors vous imaginez la différence entre mon statut d’auteur « confirmé » car édité par des maisons d’éditions traditionnelles, puis à présent d’auteur indépendant.
S’auto-éditer n’est pas un acte qui vous garantit le succès de votre livre, mais c’est un acte qui vous garantit votre autonomie.
Dans mon cas, il m’a aussi apporté une autonomie financière.
Je voudrais juste dévoiler un secret que l’on m’a confié, mais je supprimerais certains noms car je ne suis pas cafteuse, ce n’est pas mon style.
Un jour, Gabriella PageFort, mon éditrice chez amazon Crossing, (c’est à dire l’éditrice qui choisit des livres dans le monde entier pour les traduire ensuite en anglais et les exploiter en numérique et en papier principalement sur la plateforme de librairie en vente Amazon USA),
Gabriella donc, prend son téléphone et appelle une éditrice parisienne très connue, que je ne nommerai pas, d’une très grande maison d’édition que je ne nommerai pas non plus, mais dont le nom commence par un G, 😉
et lui dit qu’elle aimerait beaucoup éditer certains écrivains de son catalogue qu’elle a sélectionnés en amont, pourraient-elles en discuter, et ébaucher un contrat de vente des droits en anglais?
La réponse a été cinglante et méprisante. Non madame, ce n’est pas ainsi que ça se passe. Ce n’est pas vous qui décidez. Il est hors de question que quelqu’un d’autre que moi décide quel auteur chez nous sera édité en anglais!
1er résultat des courses: désarmée par ce ton blessant et vitriolique auquel elle ne s’attendait pas, Gabriella a réussi à attendre d’avoir raccroché avant de pleurer un bon coup.
2eme résultat des courses: des auteurs qui auraient pu être traduits en anglais et vendus aux USA (il faut savoir combien il y en a peu contrairement à ce qu’on croit, pour comprendre l’opportunité que c’eut été pour eux) ne l’ont pas été, et surtout n’en ont jamais rien su!!!
Voilà, c’était un secret que je retenais depuis longtemps et qui me pesait, qui apporte une cerise sur le gâteau de l’article de Maris Causse.
Merci à Chris Simon,
pour m’avoir fait découvrir l’article de Marie Causse sur son scoop-it.

Des lieux et des fantasmes de lieux sublimés et transformés pour les besoins de la causepar Alice Quinn

2015-05-20 12.46.30
Une question qu’on me pose souvent : comment décidez-vous des lieux où se situent vos romans?
Le décor de certaines scènes? Comment cela se tricote-t-il dans votre tête?

Pour Rosie Maldonne, bien entendu, la Côte d’Azur s’est imposée d’office.
C’est un lieu que j’ai découvert et adoré pour sa lumière quand mes parents,
venus de Lorraine, s’y sont installés quand j’avais 13 ans.
C’était la première fois que je voyais la Méditerranée.
Mon sang d’origine italienne a bouillonné de bonheur.
J’y suis restée, avec des infidélités, mais j’y reviens toujours.
Pourtant ce n’est pas parce que j’aime la beauté et la lumière de la région,
que j’y ai campé le décor de Rosie Maldonne.
Ce qui m’a intéressée, c’est le contraste entre les humains que l’on y côtoie.
Parfois surréaliste.
On imagine toujours la Côte d’Azur comme un dreamland
peuplé de gens riches à millions roulant en Ferrari et chaussés de Dior.
C’est aussi ça.
Mais pas seulement.
Comme disait ma grand-mère, là où il y a des riches, il y a des pauvres pour les servir.
DSC_8346.JPG
Et ces pauvres, on a beau essayer de les cacher, ils n’en sont pas moins là.
Ils vivent dans les quartiers populaires, des hlm, des masures plus ou moins bien retapées,
des mobil-homes dans l’arrière pays,
des appartements insalubres dans les vieilles villes (Le Suquet, la vieille ville de Grasse).
certains survivent grâce aux restos du coeur,
où vont même parfois demander de l’aide des vieilles dames bijoutées
qui essaient de maintenir une apparence digne.
Eh oui, ça existe aussi sur la Côte d’Azur.
Il existe aussi une classe moyenne. Employés, fonctionnaires, vendeurs en tous genres…
Ce qui est amusant par rapport à d’autres endroits, c’est le côtoiement au quotidien de ces milieux.
Si vous vous promenez sur la Croisette,
IMG_3763   DSC_8154

vous pouvez y rencontrer aussi bien
une Bimbo russe épouse de mafieux,
un Saoudien et ses 29 fils (ses femmes on les verra moins, elles restent parquées dans le palace),
une star du showbize,
quelques roms venus pickpoketer ce beau monde,
des migrants de passage ébaubis,
des prostituées hautes en couleur,
des vieux cannois jouant à la fanfare municipale,
des cap-verdiennes nettoyant le Palais des festivals,
des voitures de luxe en pagaille,
DSC_8452
des employés peinant à joindre les 2 bouts mais jouant leur salaire aux machines à sous,
des retraités BCBG,
et quelques clandestins fumant discrètement pendant la pause
à l’arrière du restaurant où ils font la plonge.
Là je vous parle de la Croisette.
Dans les quartiers populaires, il n’y a qu’une sorte de population.

Et parfois un touriste égaré.
Il m’est arrivé dans ma rue (sise derrière la gare de Cannes pour ceux qui connaissent)
d’être interpellée par des anglais qui voulaient visiter : « … the arabic and african area please? »
vendu comme exotique dans leur guide touristique.
J’avoue que ce jour-là, j’ai été scotchée!
Pendant le festival de Cannes, comme tout se loue dans tous les quartiers,
puisque les hôtels ne peuvent contenir tout les pros du cinéma venus du monde entier,
2015-05-14 15.10.54  DSC_8299
il n’est pas rare de voir des femmes en tenues de soirée au bras d’hommes en smoking
rentrant d’une fête à 2 heures du matin et traversant mon quartier!
Capture d’écran 2015-10-12 à 15.04.44   C’est tout dire!
C’est donc une ville de passage entre des mondes…
De la Fantasy pure en quelque sorte.
Pour la série de Rosie Maldonne,
j’ai décidé de mixer Grasse et Cannes pour en faire la ville de Rosie,

village de grasse    Capture d’écran 2015-10-12 à 12.28.21

réinventant une Côte d’Azur à mon gré.
Dans les quartiers que Rosie fréquente,
il y a plutôt des maghrébins, des africains, quelques français du tout venant.
Pas de milliardaires en vue.
Pourtant dans Rosie se fait la belle,

Rosie se fait la belle: Au pays de Rosie Maldonne 2

elle trouve un job
-qui s’avérera très provisoire, et pour cause, mais je ne vais quand-même pas vous spoiler ce passage -,
chez un vrai héritier d’une grande famille richissime,
marchand de tableaux entre autres…
L’hôtel particulier où je situe sa maison de famille est inspiré
de l’immeuble dans le Vieux Grasse de la famille de Fontmichel,
IMG_4604       IMG_4605
pour l’extérieur.
Pour l’intérieur, j’ai plongé dans mes souvenirs d’adolescence,
puisque mes parents ont été entre autres,  gardiens de villas, de bastides ou autres châteaux…
Pour des lieux plus prégnants,
comme le Select,  Capture d’écran 2015-10-12 à 16.48.00

IMG_3934 la gare désaffectée où crèche la caravane de Rosie,

la parfumerie abandonnée qui devient le château endormi de Gaston,
Capture d’écran 2015-10-12 à 12.16.23 IMG_5819

 

le « Palace »,
Capture d’écran 2015-10-12 à 12.23.31 Capture d’écran 2015-10-12 à 12.23.54 DSC_8397.JPG - Version 2
les ruelles sinueuses des vieilles villes,
IMG_4620
je n’ai pas eu à rechercher vraiment.
Il s’agit d’une superposition de lieux existants ou ayant existé,
et ne vivant plus que dans ma mémoire.
Pour finir d’illustrer cet article, quelques images plutôt évocatrices de lieux sinistrés à côté du grand luxe.
C’est aussi ça, la Côte d’Azur, celle que vous ne verrez pas forcément l’été, en vacances…
Et pourtant…

IMG_4615 IMG_4617 IMG_4618    
Je l’aime tout autant. La lumière y est la même.
Ses cicatrices la rendent plus riche que son apparence factice.
ONL_5729 - Version 2

rosie maldonne 1      rosie maldonne 2

 

Remise du premier prix de l’auto-édition amazon, félicitations aux 3 primées !

Sur le chemin de la remise du prix:

IMG_4714 IMG_4716  IMG_4798
Je fais cet article rapidement, car demain  je rentre dans ma maison dévastée, sans internet…
Et sans savoir quand je retrouverai une connexion!

Horreur…
Loin du champagne et des petits fours,
je vais retrousser mes manches, nettoyer la boue qui recouvre tout à la maison,
et câliner mon petit chat traumatisé…
IMG_4749 IMG_4752
Avant d’affronter les lendemains de l’apocalypse,
encore un peu de glamour:

Décerné par le jury:
Premier prix de l’autoédition: Fidèle au poste de Amélie Antoine
Prix spécial du Jury: Le sac de Solène Bakowski
Décerné par les lecteurs:

Prix Coup de coeur des lecteurs: Souviens-toi Rose de Isabelle ROZENN-MARI

Félicitations aux 3 primées.

D’un côté les primés avec quelques membres du jury, dont Laurant Deutsch au milieu:IMG_4769

En face, la meute des journalistes, comme dans La Dolce Vita: (c’est une blague, hein?)
IMG_4768

La remise du prix s’est faite dans une ambiance décontractée,
un bon moment à partager…
ça m’a donné l’occasion de mettre un visage sur les livres lus, (toujours surprenant).
Les photos sur facebook, ça ne suffit pas. 🙁

Vous reconnaitrez au hasard de ces photos quelques auteurs qui étaient nominés,
et dont les livres vont continuer à être de jolis succès numériques.
Presque tous les nominés se sont vus approchés par des maisons d’édition « traditionnelles ».
Bravo à eux!

Des noms en vrac:

Wendall Utroi, Patrick Ferrer et Angélique, officiante efficiente au BAL café:
IMG_4765 IMG_4764  IMG_4800

Eric Bergaglia et Florence Aubenas:

IMG_4762

Laurent Bettoni , Sophie Tal Men :
IMG_4790 IMG_4789

Cédric Charles Antoine , Wendall Utroi et Bérénice Penot:

IMG_4786 IMG_4785

Anne Laure Vial, Laurent Bettoni, Wendal Utroi, Audrey Alwett, Aurel Angeli
et Aurélie Valognes avec une petite faim:

IMG_4781 IMG_4775

Je n’ai pas eu le réflexe « selfie » suffisant, donc j’ai raté de nombreuses personnes!!!
Dont certaines auteures, (mais pas seulement)
elles étaient bien là en chair et en os,
je n’ai pas eu le temps de les prendre en photo qu’elles étaient déjà parties:
Dalila Heuse, Julie de Lestrange et Joëlle Herrerias…
J’espère me rattraper plus tard.

Pour dire au revoir, me voilà bien entourée par Christophe et Arnaud, équipe média d’amazon…
IMG_4804

Bye bye,
je ne sais pas quand je  retrouverai mes outils et ma connexion…
Mais dès que je recevrai plus de photos je les posterai.

Il y aura en principe quelques articles par ci par là dans la presse…
Je suis curieuse d’observer la suite, même si c’est pas grand chose.
C’était tellement figé jusque là que si le socle se dévisse un peu c’est pas plus mal…
Tant que ça frémit, c’est qu’on est vivants…

Le Prix de l’Auto-édition

Prix décerné à 18 heures au Bal Café, 6 impasse de la Défense dans le 18e, métro Place De Clichy.

Les coulisses de l’exploit … En direct des membres du jury.

Nous nous sommes retrouvés samedi après midi dans les locaux d’Amazon déserts.
Seuls le gardien indien hantait les lieux avec à la main un Talmud
(je le lui ai demandé, il n’était pas juif, seulement curieux, ouvert et érudit)
dans sa langue
pour se désennuyer du blues que ça peut provoquer de garder un lieu désert.
J’aurais préféré le voir lire Un palace en enfer !
Mais bon, je n’en suis pas encore au nombre de ventes du Talmud dans le monde!
Mais il m’a accueillie avec un café et on a pu discuter un peu du système des castes en Inde
et de l’hindouisme, puisque je lui ai demandé quelle était sa religion, sa lecture m’ayant intriguée.
(nota bene: L’hindouisme n’a pas de prophète fondateur. Il n’y a pas de clergé et les fidèles ne sont pas encadrés. Pour l’hindouisme, le monde est réglé par un ordre sacré et forme un tout. Celui-ci concerne aussi bien les astres que les cycles saisonniers terrestres, mais aussi l’organisation de la société et l’individu. Il existe une solidarité entre tous ces éléments. L’homme et l’Univers sont liés et l’homme porte en lui une parcelle de cet ordre sacré. L’homme n’a ni commencement ni fin, il n’est qu’un moment de l’ordre sacré universel.)
Pas mal, non?
Pour sa part, il avait épousé une chrétienne et sa soeur avait épousé un musulman!
Mais où va le monde si même les castes perdent leur pouvoir en Inde! 😉

Les autres membres du jury -je sais que c’est ce qui vous intéresse-
sont arrivés peu à peu: Wendall Utroi, Audrey Alwett, Laurent Bettoni, Lorant Deutsch et Aurélie Valognes, ainsi que le staff d’Amazon représenté par Eric et Bérénice.
Il y avait aussi sur place Amélie, du service de presse et une équipe de caméra, micro  et photos,
pour immortaliser ces délibérations historiques en charge de décerner:

Le PRIX -le premier ayant jamais existé-  en France de l’AUTO-EDITION !

Wouaouhhh ! ça sonne!

On a discuté sec. On n’était pas toujours d’accord mais très à l’écoute des arguments des uns et des autres.
Bref vous vous en doutez: un jury exemplaire!

Plusieurs heures plus tard, on a fini par abandonner la bataille et un…  nom est sorti.

Je ne vous en dirai rien tout de suite, puisque l’annonce sera publique ce soir à 18 heures,
et je n’ai rien le droit de dévoiler avant. Il y aura une surprise, je crois que ça, je peux le dire?

Sachez juste que les petits sandwichs étaient délicieux, le café itou.

Bravo aux 10 nominés qui ont participé, il semble qu’ils soient tous appelés à un bel avenir en tant qu’auteur.
Les méduses ont-elles sommeil ? de Louisiane Dor, www.amazon.fr/dp/B00VKBV4G2
La pudeur des sentiments de Dalila Heuse; www.amazon.fr/dp/B00V7DZJPK
Ouverture en lamineur de Aurel Angeli; www.amazon.fr/dp/B00VHK25YQ
Hier encore, c’était l’été de Julie de Lestrange, www.amazon.fr/dp/B00Z214DUK
Les yeux couleur de pluie de Sophie Tal Men; www.amazon.fr/dp/B00WVSXIF8
Fidèle au poste de Amélie Antoine; www.amazon.fr/dp/B00U9QUDRA
Le baiser de Pandore – 1: Reine de Patrick Ferrer; www.amazon.fr/dp/B00P3AQ72M
L’Exil primitif de Cédric Charles Antoine; www.amazon.fr/dp/B00U68QGZE
Sud Sud-Est de Joëlle Herrerias; www.amazon.fr/dp/B00OQQMV24
Un sac de Solène Bakowski; www.amazon.fr/dp/B00S3Q3960

Je rajoute, que je connais pour les avoir lus,
pas mal de bons auteurs auto-édités qui n’étaient pas nominés,
les auto-édités font une belle percée dans le Monde très fermé en France, des Livres,
ou à côté, plutôt !!! Pas de gros mots!

On nous appelle les écrivains du dimanche,
mais je sais pertinemment que nombreux sont les écrivains édités qui ne vivent pas de leur plume
et qui eux aussi écrivent quand ils le peuvent, après un ou parfois 2 boulots alimentaires.
Le problème n’est donc pas le jour où on écrit! 😀
Ce qui est important quand on écrit, c’est que son livre puisse être vu et acheté
par des LECTEURS, pour être LU !

Suite au prochain numéro: résultat ce soir,
prix décerné à 18 heures au Bal Café, 6 impasse de la Défense dans le 18e, métro Place De Clichy.
Détail sur mon blog demain matin…